
Achoura 2025: date, signification, calendrier
par Salima Bachar
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Achoura 2025 : une journée hors du temps
Il y a des dates qui glissent, d’autres qui marquent. Achoura, elle, imprime. Elle s’imprime dans les corps, les cœurs, les souvenirs familiaux. Elle n’a rien d’ordinaire. Elle se vit. Elle s’écoute. Elle se transmet.
Et cette année, le jour d’Achoura aura lieu le dimanche 6 juillet 2025, date confirmée par la Grande Mosquée de Paris.
C’est le 10ᵉ jour du mois de Muharram, le tout premier mois de l’année lunaire. Mais comme toujours avec la lune, on garde un œil vers le ciel. La date peut légèrement varier. Parce que la lune n’aime pas les rendez-vous trop fixes. Elle préfère nous surprendre.

Achoura 2024 : un petit flashback ?
En 2024, Achoura est tombée le dimanche 16 juillet. Oui, presque au même moment. Chaque année, elle avance d’une dizaine de jours dans le calendrier grégorien. C’est le jeu du calendrier hégirien. Lunaire, nomade, insaisissable. Un peu comme le temps lui-même, non ?
Le jeûne d’Achoura : un trésor discret
Pas de grande scène. Pas de faste. Mais une promesse. Une purification. Une rédemption. Une chance. Le Prophète (ﷺ) aurait dit, d’après Abou Qatada :
« Il permet d’expier l’année précédente. »
(Rapporté par Mouslim)
Et ce n’est pas rien. Qui ne rêve pas d’effacer un peu de poussière sur ses épaules ? De poser les sacs lourds ? De faire le tri dans ses fautes ? C’est ça, jeûner le jour d’Achoura. Ce n’est pas une obligation. C’est une offrande. Une invitation à redevenir léger.
Alors, on jeûne quand exactement ?
En 2025, vous pouvez choisir de jeûner :
- Samedi 5 juillet
- Dimanche 6 juillet, le cœur de la journée d’Achoura
Un jour seul, deux jours, ou même trois. C’est selon vos forces. Votre énergie. Votre envie d’aller au bout. Et si vous vous demandez pourquoi plusieurs jours ? C’est une manière d’être différent. De marquer sa singularité, comme le Prophète le faisait pour se distinguer des autres traditions.
Ce qu’on peut faire durant Achoura
Oui, il y a le jeûne. Mais pas que. Achoura, c’est un moment pour nourrir l’âme, pas seulement pour affamer le ventre. Alors que faire ?
Donner. Offrir. Partager.
Les actes de charité sont au cœur de cette journée. Offrir sans rien attendre. Donner comme on respire. Commencez par vos proches. Ceux qu’on oublie parfois dans notre empressement à aider au loin.
Un sourire. Un repas. Une enveloppe. Un simple "je pense à toi". Tout compte. Tout pèse. Surtout ce jour-là.
Lire. Écouter. Se reconnecter.
Lire le Coran, même quelques versets. Allumer une sourate et laisser sa voix remplir la pièce. S’isoler pour une prière surérogatoire. Ou tout simplement, se taire. Laisser le cœur parler.
Réfléchir. Ressentir. Se poser.
C’est aussi un moment pour faire le point. Sur ses erreurs. Sur ses manques. Sur les choses qu’on aurait pu mieux faire. Pas pour se juger. Pour avancer. Et ça, c’est peut-être le plus dur. Mais aussi le plus précieux.
Un moment propice à la Zakat al-Maal
Le début de Muharram, c’est aussi l’occasion idéale de penser à la Zakat al-Maal. Cette aumône purificatrice. Cette part qu’on ne garde pas. Celle qu’on libère.
Et franchement, quelle meilleure date qu’Achoura pour verser cette zakat ? Il y a là une cohérence invisible. Un fil entre le don, la purification, la mémoire, l’élan du cœur.
Avec votre Zakat, vous pouvez :
- Soutenir un orphelin
- Nourrir une famille oubliée
- Financer un puits
- Offrir des soins médicaux à ceux qui n’ont plus rien
Chaque geste devient un pont. Un pont vers une vie meilleure. Pas seulement pour l’autre. Pour vous aussi.
Une journée, mille résonances
Ce qui est bouleversant avec Achoura, c’est que chacun la vit différemment. Mais l’intensité est là, partout. Dans les regards. Dans les gestes. Dans le silence.
Chez les sunnites, c’est souvent un jour de jeûne et de prière, dans la douceur, dans la reconnaissance. Un merci discret adressé au ciel.
Chez les chiites, c’est un jour de deuil sacré. Le souvenir brûlant de Karbala, de l’imam Hussein et de sa résistance face à l’injustice. Une douleur que rien n’éteint. Un cri qui traverse les siècles.
Et entre les deux, une même quête. Une même foi. Une même soif de vérité, d’humanité, de justice.
Une journée à part. Vraiment à part.
Le reste du monde continue comme si de rien n’était. Les voitures roulent, les écrans brillent, les notifications pleuvent. Mais pour ceux qui vivent Achoura, le temps ralentit. Il devient plus dense.
Il y a moins de mots. Plus de sens. Moins de gestes. Plus d’intention.
Et c’est ça, peut-être, la vraie richesse de cette journée. Elle ne demande rien de spectaculaire. Elle exige juste qu’on soit là. Entier. Présent. Ouvert.
Achoura 2025 : que retenir ?
Retenir la date ? Oui, bien sûr : dimanche 6 juillet 2025. Mais ce n’est pas ça l’essentiel. Ce qu’il faut garder, c’est la vibration. Le souffle. La profondeur. Se dire que cette journée peut être un tournant. Une porte entrouverte. Un nouveau départ.
Peut-être que c’est le moment d’appeler un proche avec qui on ne parle plus. De pardonner. De commencer ce projet qu’on repousse depuis trop longtemps. Ou simplement de respirer. De prier. De s’apaiser.
Achoura, c’est une page blanche. À chacun de l’écrire.
Mais une chose est sûre : il serait dommage de la laisser passer sans y mettre un peu d’âme.
FAQ
Qu’est-ce que Achoura en Islam ?
C’est le 10ᵉ jour du mois de Muharram, le tout premier mois du calendrier islamique. Un jour spécial. Chargé d’histoire, de foi… et de spiritualité. On y pense souvent comme à un moment de jeûne, mais c’est bien plus.
Pourquoi ce jour est-il si important ?
Parce qu’il marque des événements puissants. Notamment, selon la tradition, le sauvetage de Moïse (Moussa) et son peuple face à Pharaon. Le Prophète Muhammad ﷺ jeûnait ce jour-là, en signe de gratitude envers Allah. C’est donc un jour de reconnaissance, de mémoire et de lumière.
Est-ce que c’est une fête religieuse ?
Pas exactement une fête comme l’Aïd. C’est un jour béni, mais sobre. On n’y fait pas de festin ni de grande célébration. C’est un moment de recueillement, de prière, de jeûne… et parfois de silence.
Faut-il obligatoirement jeûner à Achoura ?
Non, ce n’est pas obligatoire. Mais c’est très recommandé (sunna fortement conseillée). Et pour beaucoup, c’est l’occasion de se rapprocher d’Allah, de demander pardon, de faire le point avec soi-même.
Certains jeûnent aussi le 9 et le 10 Muharram pour se distinguer de la tradition juive.
Quels bienfaits spirituels sont associés au jeûne d’Achoura ?
On dit que jeûner ce jour efface les péchés de l’année précédente. Rien que ça. Pas les gros péchés, bien sûr, mais les petites fautes du quotidien. Une grâce immense, discrète mais puissante.
Peut-on faire autre chose que jeûner ce jour-là ?
Oui. On peut :
- Prier davantage
- Lire le Coran avec intention
- Faire des invocations (doua)
- Donner une aumône
-
Pardonner ou demander pardon
Bref, c’est une journée d’âme. À chacun de voir ce qui allume sa lumière intérieure.
Est-ce que Achoura est vécue différemment selon les traditions musulmanes ?
Oui, un peu.
Chez les chiites, Achoura est aussi le jour du martyr de l’imam Hussein, petit-fils du Prophète ﷺ. C’est donc un jour de deuil sacré. Chez les sunnites, on met davantage l’accent sur le jeûne et la gratitude.
Et si je ne peux pas jeûner ce jour-là ?
Ce n’est pas grave. Il n’y a aucune faute. Allah regarde l’intention. Vous pouvez simplement vous recueillir, faire une doua sincère, ou même réfléchir à ce que vous voulez changer dans votre cœur.
Petite note entre nous : les dates du 4 et 5 juillet 2025 pour Achoura sont données à titre indicatif. Comme toujours, tout dépendra de la lune, cette veilleuse discrète qu’on guette chaque mois. On attend sa lumière pour confirmer. Alors gardez l’œil ouvert… et le cœur aussi.
À propos de Salima Bachar
Salima Bachar est autrice pour La Maison des Sultans. Elle écrit avec la mémoire du sable, la douceur des rituels anciens et la richesse des secrets glissés entre les fêtes lumineuses et les rêves qui veillent. Beauté, bien-être, maison, voyages… Ses textes célèbrent les gestes discrets, les traditions vivantes et les symboles qui traversent le temps. Entre matières naturelles et récits sensibles, sa plume relie l’intime à l’universel, avec une voix sensorielle et profonde.
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