Pourquoi jeûne-t-on le 25 juin 2026 à Achoura ?

par Salima Bachar

Le 25 juin 2026. Une date que l’on pourrait croire anodine dans le calendrier grégorien. Pourtant, pour de nombreux croyants à travers le monde, ce jeudi-là portera une dimension intérieure toute particulière. Ce sera le 9e jour du mois de Mouharram 1448, la veille d’un jour sacré : Achoura.

Et cette veille-là, on choisira de jeûner. Par fidélité. Par spiritualité. Par lien intime avec un héritage précieux.

Pourquoi jeûne-t-on à la veille d'Achoura 2026 ?

Que représente Achoura ?

Achoura, c’est bien plus qu’une date. C’est un rappel. Une mémoire vivante. Le 10 Mouharram, chaque année, résonne profondément dans le cœur des croyants. Dans la tradition sunnite, cette journée fait mémoire du Prophète Moïse (Moussa) et de la libération de son peuple, sauvé des forces de Pharaon. Le Prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui) aurait jeûné ce jour en reconnaissance de cette délivrance, en exprimant sa proximité avec les prophètes qui l’ont précédé.

Dans la tradition chiite, cette journée revêt une tout autre tonalité : c’est le jour du martyre de l’Imam Hussein, petit-fils du Prophète, tombé à Karbala dans une lutte pour la justice et la vérité. Une douleur que le temps n’efface pas. Un engagement qui inspire encore.

Qu’on soit de l’une ou de l’autre sensibilité, Achoura rassemble, interroge, élève.

Pourquoi jeûner le 25 juin, veille d’Achoura ?

Le jeûne du 10 Mouharram, vendredi 26 juin 2026, est hautement recommandé dans la tradition prophétique. Mais le Prophète, dans sa sagesse, aurait invité les croyants à l’accompagner d’un jour supplémentaire, soit le 9 ou le 11 Mouharram, pour marquer une distinction et approfondir cette démarche.

Jeûner le jeudi 25 juin 2026, c’est donc marcher sur les traces du Prophète, dans une attitude de préparation et d’intensité. C’est une veille intérieure. Une montée vers un sommet.

Ce n’est pas une obligation. C’est une invitation. Douce, mais lumineuse.

Et si l’on ne peut jeûner qu’un seul jour ?

Alors on jeûne le 10 : le vendredi 26 juin 2026, jour d’Achoura. Le jeûne de ce jour est fortement méritoire, comme en témoigne ce hadith rapporté par Muslim : “Le jeûne d’Achoura expie les péchés mineurs de l’année écoulée.”

Mais si l’on peut accompagner ce jour du 9 (ou du 11), la récompense en est d’autant plus noble. Le jeûne devient alors un geste ancré dans la tradition, équilibré, complet, comme une prière à deux temps.

Une date au début de l'été : cela change-t-il quelque chose ?

Oui. Le calendrier hégirien est lunaire. Il avance chaque année d’environ 10 à 11 jours sur le calendrier solaire. C’est ainsi qu’en 2026, Achoura tombera à la fin du mois de juin, juste après le début officiel de l'été. Les journées seront particulièrement longues et les températures élevées dans de nombreux pays de l'hémisphère nord. Le jeûne y sera sans doute plus exigeant physiquement.

Peut-on vivre Achoura autrement que par le jeûne ?

Oui. Si l’on est malade, en voyage, enceinte ou dans une condition qui rend le jeûne difficile, il n’y a aucune culpabilité à ressentir. Ce n’est pas une obligation. Mais le jour d’Achoura peut être vécu autrement. Par la lecture. Par la prière. Par la méditation. Par l’aumône aussi.

Donner à celui qui a moins. Réconcilier. Pardonner. Se tourner vers Dieu avec sincérité. Ce sont autant de manières d’honorer ce jour. L’intention, dans l’islam, vaut plus que le geste.

Une tradition encore vivante, partout dans le monde

Chaque culture musulmane donne à Achoura une couleur singulière. Dans certaines régions du Maghreb, les enfants reçoivent des cadeaux. En Turquie, on prépare un dessert traditionnel, l’ashure, mélange sucré de céréales et de fruits, parfois appelé pudding de Noé. En Irak et en Iran, les rassemblements chiites sont marqués par des processions, des lectures, des scènes retraçant l’histoire de Karbala.

Malgré ces différences, un fil invisible unit tous ces visages de l’Achoura : la fidélité. La foi. Le désir de justice, de miséricorde, d’élévation.

Que retenir pour 2026 ?

Jeudi 25 juin 2026, nous serons la veille du 10 Mouharram. Une journée précieuse. Si vous choisissez de jeûner ce jour, vous accompagnerez de nombreux cœurs qui, en silence, feront ce même geste. Et si vous jeûnez également le vendredi 26 juin, vous aurez honoré la tradition prophétique dans sa plénitude.

Mais si vous ne pouvez jeûner qu’un seul jour, faites-le le vendredi 26 juin 2026, car c’est le jour d’Achoura lui-même.

Et si vous ne pouvez jeûner du tout, alors vivez cette journée comme un moment de réflexion, de prière et de connexion intérieure. Le plus important n’est pas ce que l’on fait paraître, mais ce que l’on porte en soi.

Et si l’on souhaite marquer cette journée par un mot, un message, un souffle d’attention… on peut aussi offrir quelques lignes qui touchent juste. Que ce soit pour dire "je pense à toi", "je te souhaite la paix", ou simplement déposer une intention, ces mots peuvent faire du bien. On a réuni pour vous 30 idées de messages pour Achoura, à lire, à partager, ou juste à garder près du cœur.

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Petite note entre nous :

Comme toujours, c’est la lune — cette veilleuse discrète qu’on suit du coin de l’œil — qui confirmera. On attend son signe, paisiblement. Alors restons attentifs… avec les yeux levés, et le cœur bien ouvert.

NB : Ces mots partagés ne sont pas des décrets gravés dans la pierre, mais un humble écho des traditions qui traversent le temps ; cet article revêt une visée purement informative et culturelle. Les dates avancées ici restent suspendues au vol de la lune, et seules les annonces officielles des autorités religieuses sauront guider vos rituels sacrés. Que chacun chemine à son rythme, car sous le regard du ciel, l'intention du cœur vaut toujours plus que la perfection du geste.

À propos de Salima Bachar

Salima Bachar est autrice pour La Maison des Sultans. Elle écrit avec la mémoire du sable, la douceur des rituels anciens et la richesse des secrets glissés entre les fêtes lumineuses et les rêves qui veillent. Beauté, bien-être, maison, voyages… Ses textes célèbrent les gestes discrets, les traditions vivantes et les symboles qui traversent le temps. Entre matières naturelles et récits sensibles, sa plume relie l’intime à l’universel, avec une voix sensorielle et profonde.

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Salima répond toujours : contact.lamaisondessultans@gmail.com

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