Quel remède à la fièvre en islam?
par Salima Bachar
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Des remèdes comme le miel, la graine de nigelle, le costus indien ou encore l’eau fraîche sont cités dans les textes islamiques comme des moyens de soulager la fièvre. L’eau de zamzam, elle, n’est pas mentionnée spécifiquement pour la fièvre, mais elle reste une eau bénie et bénéfique selon l’intention ("Zamzam est pour ce pourquoi on la boit"). Dans cet article, nous vous guidons à travers les pratiques recommandées en Islam pour guérir tout en renforçant votre foi.
En Islam, la santé est considérée comme un don de Dieu, et il est encouragé aux croyants de rechercher des remèdes pour les maladies et les maux qu'ils peuvent rencontrer. La fièvre, en tant que symptôme d'une maladie sous-jacente, peut être traitée selon les enseignements de l'Islam en utilisant des remèdes naturels et médicaux. Voici quelques conseils issus de l'enseignement islamique pour faire face à la fièvre :
Repos et prière
Lorsqu'une personne souffre de fièvre, il est recommandé de se reposer et de prendre soin de son corps. La prière et l'invocation à Allah pour la guérison sont également encouragées.
Hydratation
Boire beaucoup d'eau et de liquides est essentiel pour maintenir l'hydratation du corps, surtout lorsque la fièvre provoque une sudation accrue.
Nourriture saine
Manger des aliments nutritifs et légers peut aider à soutenir le système immunitaire pendant la période de fièvre.
Utilisation de remèdes naturels
L'utilisation de remèdes naturels tels que les tisanes à base de plantes médicinales ou les compresses d'eau tiède peut contribuer à réduire la fièvre et soulager les symptômes.
Consulter un médecin
L'Islam encourage les croyants à rechercher un traitement médical approprié lorsque nécessaire. Si la fièvre persiste ou s'accompagne d'autres symptômes inquiétants, consultez votre médecin traitant pour obtenir un diagnostic précis et un traitement approprié.
Quel remède à la fièvre en Islam ? Ce que disent les textes… et les anciens
La fièvre, en islam, c’est juste un symptôme… ou plus que ça ?
Dans la médecine moderne, c’est simple : la fièvre, c’est un signe que le corps se défend. Mais dans la tradition islamique, elle a une double lecture. Oui, elle signale un déséquilibre physique. Mais elle est aussi vue comme un moyen d’effacement des péchés, une épreuve purificatrice. C’est lourd à vivre, oui. Mais parfois, le corps parle là où la bouche se tait.
Le Prophète ﷺ a dit :
“Ne maudis pas la fièvre, car elle fait disparaître les péchés, comme le feu fait disparaître les impuretés du fer.” (Rapporté par Muslim)
Alors non, on ne cherche pas la fièvre. On ne l’invite pas. Mais quand elle est là, on l’accueille avec foi, sans oublier de chercher des soins. Parce que l’islam, ce n’est pas choisir entre spiritualité et santé. C’est un équilibre entre les deux.
Quels remèdes naturels sont mentionnés dans la tradition prophétique ?
Le Prophète ﷺ a laissé des recommandations simples, à la portée de tous, même sans ordonnance.
1. L’eau fraîche (sans exagérer)
Il a dit : “La fièvre vient de la chaleur de l’Enfer, alors éteignez-la avec de l’eau.” (Sahih al-Bukhari)
Mais attention, on ne parle pas d’une douche glaciale. Plutôt d’un linge frais, posé doucement sur le front. D’une boisson tiède, d’un rinçage du corps à l’eau claire. Un geste de douceur, pas un choc brutal.
2. Le miel
Mentionné dans le Coran, c’est un trésor aux mille vertus. Pas juste pour sucrer une tisane. Le miel aide à renforcer le système immunitaire, adoucir la gorge, et parfois, juste… réconforter.
3. La nigelle (habba sawda)
Cette graine noire, le Prophète ﷺ l’a appelée “remède à tous les maux sauf la mort”.
On l’utilise en huile, en poudre, en infusion. Pour certains, c’est devenu un réflexe familial : quelques gouttes sur le thorax, un massage sur les tempes, une cuillère dans un yaourt.
4. Le costus indien (al-qust al-hindi)
Moins connu en Occident, mais précieux dans les hadiths. Utilisé pour ses propriétés anti-inflammatoires. Un peu fort, parfois amer… mais puissant.
Peut-on prendre des médicaments modernes tout en suivant ces recommandations ?
Bien sûr. La science est une miséricorde, pas un ennemi. Le Prophète ﷺ encourageait la recherche de soins : “Ô serviteurs d’Allah, soignez-vous. Car Allah n’a créé aucune maladie sans avoir créé son remède.” (Sahih al-Bukhari)
Donc, si votre médecin vous conseille un paracétamol, une hydratation, un repos strict… c’est compatible avec la foi. On ne choisit pas entre une gélule et une invocation. On fait les deux. Le soin du corps et la confiance en Allah, côte à côte.
Y a-t-il des invocations spécifiques contre la fièvre ?
Oui, et elles portent une chaleur différente. Pas celle du front. Celle de l’âme.
Voici l’une des plus souvent récitée :
“Ô Seigneur des gens, enlève le mal. Guéris, car Tu es Celui qui guérit. Il n’y a de guérison que Ta guérison. Une guérison qui ne laisse aucune maladie.” (Rapporté par al-Bukhari et Muslim)
Une autre, simple mais puissante :
“Au nom d’Allah, je te conjure de tout mal et de toute maladie.”
Ces invocations, on peut les réciter en posant la main sur le front de la personne malade. Ou en silence, dans la pénombre d’une chambre. Ou même en pensant fort à elle, à distance. La sincérité vaut plus qu’un micro bien réglé.
Comment accompagner un proche fiévreux, selon la sunna ?
Avec présence. Avec douceur. En islam, rendre visite au malade est un acte recommandé, béni. Pas besoin d’en faire des tonnes. Parfois, un regard suffit. Une main posée sur l’épaule. Un bol de soupe. Une tasse de thym.
Et même si la personne est trop fatiguée pour parler, on peut réciter des invocations en sa présence. Allumer doucement de l’encens. Lire un verset. Mettre une sourate douce comme ar-Rahman ou Yasin. Rien d’obligatoire. Juste de l’amour dans les gestes.
Peut-on voir la fièvre comme un signe spirituel ?
Pour certains savants, la fièvre est une forme de rappel. Pas une punition, mais une pause imposée. Le corps nous force à ralentir, à dormir, à prier différemment. C’est aussi un moment où les invocations sont plus écoutées, selon certaines paroles rapportées.
On dit parfois que les larmes d’un malade montent plus vite au ciel. Et que la douleur vécue avec patience devient un tremplin pour le cœur.
Mais attention à ne pas tomber dans la surinterprétation. Chaque fièvre n’est pas un message codé. Parfois, c’est juste… une infection. Et ça aussi, ça fait partie du plan.
Le Prophète ﷺ a-t-il lui-même eu la fièvre ?
Oui. Et pas qu’un peu. Avant sa mort, il a connu une fièvre intense, à tel point qu’on le sentait brûlant à travers ses vêtements. Il a traversé cela avec dignité, patience, et sans se plaindre.
“J’ai été atteint de la fièvre comme deux d’entre vous.” (Sahih al-Bukhari)
C’est un rappel : même les plus grands, même les Prophètes, ont traversé le corps douloureux, la fatigue, le tremblement. Mais ils ne s’y sont pas arrêtés. Ils ont gardé la foi droite, comme une flamme qui ne vacille pas même sous le vent.
Y a-t-il des pratiques à éviter ?
Oui. Ne pas soigner la fièvre du tout, sous prétexte qu’elle efface les péchés, c’est un contresens. Laisser un enfant trembler de fièvre en pensant que “ça passe tout seul”, ce n’est pas islamique. Le Prophète ﷺ a toujours encouragé à agir, prévenir, soulager.
Évitez aussi les remèdes douteux glanés sur les réseaux sans base médicale ni source islamique. L’huile de serpent ou la suie de cheminée, très peu pour nous.
En cas de doute ? On consulte. On demande à un médecin. Et si besoin, à un imam. La foi ne s’oppose jamais à la raison.
À propos de Salima Bachar
Salima Bachar est autrice pour La Maison des Sultans. Elle écrit avec la mémoire du sable, la douceur des rituels anciens et la richesse des secrets glissés entre les fêtes lumineuses et les rêves qui veillent. Beauté, bien-être, maison, voyages… Ses textes célèbrent les gestes discrets, les traditions vivantes et les symboles qui traversent le temps. Entre matières naturelles et récits sensibles, sa plume relie l’intime à l’universel, avec une voix sensorielle et profonde.
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