Croissant de lune sur fond rose au coucher du soleil — nouvelle lune de septembre 2025 annonçant le début de Rabi’ al-Thani.

Nouvelle lune septembre 2025: quel mois hégirien va démarrer?

par Salima Bachar

Nouvelle lune de septembre 2025 : un passage, une bascule, un nouveau souffle

On ne s’en rend pas toujours compte.
Mais parfois…
Une nuit noire change tout.

Pas une ombre, pas un rayon. Juste un vide cosmique.
La nouvelle lune.

Et celle de septembre 2025 ne sera pas qu’un simple rendez-vous astronomique. Elle marquera, pour des millions de personnes, le début d’un mois sacré du calendrier hégirien. Un tournant symbolique. Un moment de bascule.

Mais alors, quel mois musulman commence avec cette lune noire de septembre ?

Tiens, ça me fait penser à ces instants suspendus avant une fête.
Quand le silence annonce l’agitation.
Quand tout dort… sauf les intentions.

Une lune, un mois, une date qui compte

La nouvelle lune du 21 septembre 2025, selon les éphémérides astronomiques, apparaîtra... ou plutôt, disparaîtra…
À 1h54 du matin, heure de Paris.

Rien à voir, bien sûr, avec les pleines lunes Instagrammables qui débordent de lumière.
Ici, c’est l’invisible qui gouverne.
Un noir céleste. Compact. Absolu.

Et pourtant…
C’est lui qui annonce un commencement.

Dans le calendrier musulman, basé exclusivement sur les cycles lunaires (pas de bidouillage solaire comme chez les Gréco-romains), chaque mois commence avec le premier croissant de lune. Fin. Timide. Presque pudique.

Et celui que cette nouvelle lune lancera, c’est Rabi’ al-Thani 1447.

Oui, Rabi’ al-Thani, aussi appelé Rabi’ al-Akhir.
Un mois parfois discret, souvent peu compris, mais ô combien chargé de mémoire.

Mais au fait, c’est quoi Rabi’ al-Thani ?

Petit rappel qui fait du bien.

Dans l’ordre des mois hégiriens, Rabi’ al-Thani est le quatrième.
Juste après Rabi’ al-Awwal, qui abrite notamment la célébration du Mawlid (la naissance du Prophète Muhammad ﷺ, pour beaucoup de musulmans).

Rabi’ al-Thani, lui, arrive comme une accalmie après la ferveur.
Un mois d’hiver (selon les premières significations du mot “Rabi’”, qui évoque aussi le printemps... oui, les calendriers ont de l’humour).
Un mois plus intérieur, moins ponctué de fêtes, mais propice à l’ancrage.

Certains y voient une période de réajustement, de recentrage, un mois sans éclats, mais avec de la densité.
Un peu comme ces après-midi de septembre où l’air sent encore l’été, mais le soleil se couche plus tôt.

Vous voyez l’idée ?

Un calendrier qui danse avec la lune

On l’oublie parfois, mais le calendrier hégirien ne suit pas le rythme solaire.
C’est un calendrier lunaire pur, ce qui signifie que chaque mois compte 29 ou 30 jours, jamais plus.

Résultat : les mois hégiriens tournent, glissent, décalent…
Ils “remontent” d’environ 10 à 11 jours chaque année, selon le calendrier grégorien.

C’est ce qui explique qu’un même mois musulman peut tomber en hiver un jour… puis en été, quelques années plus tard.
Un vrai ballet céleste. Sans attaches.
Un peu comme une danse soufie qui tournerait sans fin.

Alors en septembre 2025, pas de surprise :
Rabi’ al-Thani se pointe pile à ce moment de l’année où les feuilles hésitent encore à rougir.
Où les journées raccourcissent… mais les pensées s’élargissent.

Et si on parlait de l’observation ?

Petite parenthèse technique.
Mais qui a son charme.

Dans de nombreux pays musulmans, le début du mois hégirien n’est pas décrété par les calculs astronomiques seuls.
On attend le témoignage visuel du hilal — le fin croissant de lune, celui qu’on aperçoit, si on est chanceux, à l’œil nu, au coucher du soleil.

Ça donne des scènes assez magiques.
Des gens sur des collines, des jumelles à la main, les yeux rivés au ciel.
Et ce moment où un minuscule fil d’argent fend le ciel violet…
Le cœur s’accélère.
On y est. Le mois commence.

Cela explique aussi pourquoi les dates varient légèrement d’un pays à l’autre.
Entre l’Arabie Saoudite, la Turquie, la France ou l’Indonésie…
Chaque région peut annoncer le mois avec un jour d’écart.

C’est imprévisible.
C’est vivant.

Et quelque part, c’est aussi ça, le charme de ce calendrier.
Il n’est pas figé. Il respire avec le monde.

Ce que ça change, concrètement

Pour les croyants, le début d’un mois hégirien n’est jamais anodin.
Même si Rabi’ al-Thani n’est pas un mois de jeûne ou de fête obligatoire, il est un repère. Un cycle spirituel.

Certains choisissent de :

  • reprendre un rythme de prières plus profond,
  • étudier des textes (notamment ceux de grands penseurs soufis),
  • méditer sur le silence intérieur (tiens, comme la nouvelle lune elle-même),
  • ou simplement… ralentir.

Parce que Rabi’ al-Thani a cette texture feutrée.
Un peu comme une moquette dans une bibliothèque ancienne.
On n’y court pas. On y marche doucement.

Et dans l’air de septembre, qu’est-ce que ça nous dit ?

Franchement ?
Tout se mélange.

Les énergies de la rentrée, souvent brutales, bousculantes.
Les restes de lumière estivale qui collent encore aux murs.
Et cette nouvelle lune, douce, noire, qui efface les surcharges.

En 2025, elle tombe un dimanche.
Un jour qui appelle au calme. À l’introspection.
Un jour de tri, de lessive mentale, de réinitialisation.

Pas étonnant que ce soit ce moment-là que choisit Rabi’ al-Thani pour apparaître.
Il arrive sans tambour, sans trompette, mais avec un message subtil :
On peut recommencer. Différemment.
On peut effacer et reprogrammer.

Pas besoin de cérémonie.
Juste… lever les yeux au ciel, une minute.

Quelques repères pour les passionnés de symboles

🌓 Le début de Rabi’ al-Thani 1447 (avec la nouvelle lune du 21 septembre 2025) pourrait tomber :

  • le 21 ou le 22 septembre 2025, selon les pays

  • en même temps qu’un pic d’équinoxe d’automne (22 septembre)

  • à un moment charnière entre lumière et nuit (le yin et le yang en pleine discussion)

Une coïncidence ? Peut-être.
Mais les calendriers lunaires n’aiment pas les hasards.
Ils préfèrent les clins d’œil.

En résumé : une date, une lune, une vibration

Pas besoin d’être astrologue ou théologien pour sentir que quelque chose se passe à ce moment-là.
Ce n’est pas spectaculaire. C’est… intime.

La nouvelle lune de septembre 2025 ne vous criera rien.
Mais elle chuchotera peut-être : “Tu veux recommencer quelque chose ?”
Et Rabi’ al-Thani, avec son calme de moine zen, ajoutera : “Fais-le. Discrètement. Mais fais-le.”

Ce sera votre occasion.
Ou pas.
Mais elle sera là.

À propos de Salima Bachar

Salima Bachar est autrice pour La Maison des Sultans. Elle écrit avec la mémoire du sable, la douceur des rituels anciens et la richesse des secrets glissés entre les fêtes lumineuses et les rêves qui veillent. Beauté, bien-être, maison, voyages… Ses textes célèbrent les gestes discrets, les traditions vivantes et les symboles qui traversent le temps. Entre matières naturelles et récits sensibles, sa plume relie l’intime à l’universel, avec une voix sensorielle et profonde.

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Salima répond toujours : contact.lamaisondessultans@gmail.com

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