Rabi' Al-Thani 2025: date et origine

Rabi' Al-Thani 2025: date et origine

par Salima Bachar

Rabi' Al-Thani : un nom qui chante doucement dans le vent du désert

On l’entend parfois glisser entre deux sourates. Ou tomber doucement d’une bouche de grand-mère. Rabi' Al-Thani, ou parfois Rabi' al-Akhir, c’est le genre de mot qui a une histoire dans le ventre. Une odeur de sable chaud, une mémoire millénaire, et des secrets d’un temps où les hommes levaient les yeux vers la lune pour se repérer dans la vie.

Mais que cache vraiment ce nom ? Quelle est sa signification ? Quelle date marque-t-il ? Et pourquoi, même quand on ne le célèbre pas directement, il résonne quelque part ?

Quand démarre Rabi' Al-Thani 1447 en 2025?

Le 23 septembre 2025 ( date à confirmer ).

Un mois, pas comme les autres

Rabi' Al-Thani, c’est le quatrième mois du calendrier hégirien, ce calendrier lunaire utilisé dans tout le monde musulman. C’est un mois qui suit Rabi' al-Awwal, celui où est né le Prophète Muhammad (que la paix soit sur lui). Et souvent, c’est un mois un peu plus discret. Comme un frère cadet, plus silencieux, mais pas moins profond.

Son nom veut dire quelque chose comme « le second printemps ». Oui, même s’il tombe parfois en hiver. Parce qu’avec le calendrier lunaire, les saisons tournent, dansent, se mélangent. Rabi' Al-Thani peut tomber en décembre. Ou en juillet. Il n’a pas d’ancrage fixe comme les mois du calendrier grégorien. Il avance chaque année, de dix à onze jours.

Et ce décalage, ce flottement, donne à ce mois une vibration particulière. On ne peut pas le figer. Il glisse entre les cultures et les époques, comme une brise qu’on sent sans pouvoir la retenir.

D’où vient ce nom si poétique ?

Le mot "Rabi" signifie printemps en arabe. Mais attention, ici, on parle du printemps originel, celui des Bédouins, des tentes nomades, des pâturages verts après la pluie. Rabi' al-Awwal et Rabi' al-Thani étaient les moments où la terre offrait un répit. Les troupeaux retrouvaient des herbes fraîches. Les hommes levaient le pied. Ils respiraient.

C’est dans cet esprit que les noms des mois lunaires ont été forgés. Pas par des astrologues en robe, mais par des peuples qui vivaient au rythme brut de la nature. Rabi' Al-Thani évoque ce second souffle. Ce deuxième printemps, où l’on ramasse ce qui a germé. Où la terre reprend, doucement, sa lumière.

Et même si aujourd’hui, on ne lie plus toujours le mois au climat, la symbolique reste là. Dans les noms. Dans les mémoires. Dans la manière dont certains prononcent encore le mot avec une nuance dans la voix.

La date exacte en 2025 ? Sortez les lunes

Alors, vous vous demandez sûrement : quand tombe Rabi' Al-Thani en 2025 ?

Et là, pas de réponse figée dans le marbre. Il faut observer la nouvelle lune. Regarder le ciel, patienter. En 2025, Rabi' Al-Thani devrait commencer vers le 2 ou 3 octobre, selon les pays, les méthodes d’observation, les calculs. Et finir autour du 31 octobre ou 1er novembre.

Mais ce n’est jamais aussi simple. Certains pays se basent sur la vue réelle de la lune. D’autres sur des calculs astronomiques. Résultat : parfois, il y a un jour d’écart. Une frontière invisible qui fait sourire ou grincer les dents, selon où l’on se trouve.

Cela dit, c’est aussi ça, la beauté du temps lunaire. Il n’est pas mathématique. Il demande de lever les yeux. D’attendre. D’être présent au monde, un peu comme les anciens.

Et dans la spiritualité, que signifie ce mois ?

Ce mois n’est pas marqué par de grandes fêtes officielles. Pas d’Aïd. Pas de jeûne imposé. Mais ça ne veut pas dire qu’il est vide.

Au contraire. Pour beaucoup, Rabi' Al-Thani est un mois de méditation douce. Un moment de recentrage, après les élans du mois précédent. Il n’y a pas d’événement majeur, mais c’est peut-être justement ça qui fait sa force.

On peut s’y retrouver. Loin du bruit. Loin des obligations sociales. C’est un mois de récolte intérieure.

Certaines traditions soufies considèrent ce mois comme un temps de lumière silencieuse. On y approfondit la prière. On y cherche l’intention pure. Pas pour briller. Pas pour être vu. Mais pour, justement, ne plus avoir besoin d’être vu.

C’est un mois pour les discrets. Les sincères. Les âmes en quête.

Et si on parlait d’un nom célèbre ?

Le mois de Rabi' Al-Thani est aussi connu pour être lié à Abdul Qadir al-Jilani, l’un des plus grands maîtres spirituels de l’Islam. Un guide vénéré, notamment dans les cercles soufis, fondateur de la Qadiriyya, une voie mystique empreinte de sagesse.

Son décès a eu lieu pendant ce mois. Et dans plusieurs régions du monde, notamment en Asie du Sud, en Afrique de l’Ouest ou au Moyen-Orient, on célèbre sa mémoire à travers des prières, des lectures, des rassemblements.

Ce n’est pas une obligation religieuse. Plutôt un hommage du cœur. Une manière de se connecter à une lignée spirituelle qui traverse les siècles.

Un mois discret, mais pas sans parfum

On pourrait croire que Rabi' Al-Thani passe inaperçu. Et pourtant. Il est là, comme un encens qui se consume lentement.

C’est un mois où l’on se laisse le temps de ressentir. D’écouter. De prier, non pas pour demander, mais pour remercier doucement.

Certains choisissent ce mois pour commencer un projet intérieur. Lire un livre sacré. Reprendre un chapelet laissé de côté. Faire la paix avec un souvenir. Écrire un mot à quelqu’un qu’on aime, sans raison.

Parce que ce mois-là, il n’y a pas de cadre rigide. On peut y entrer comme on entre dans un jardin qu’on connaît mal. À petits pas. Avec douceur.

Et dans la vie quotidienne, on en parle ?

Pas tant que ça. Il faut le dire. Dans les pays francophones, on connaît mieux Ramadan ou l’Aïd, évidemment. Rabi' Al-Thani, lui, reste un peu dans l’ombre.

Mais les choses changent. Avec les réseaux, avec le retour d’un intérêt pour le sacré, pour les cycles, pour les racines... on redécouvre ces mois lunaires comme des repères invisibles mais puissants.

De plus en plus de jeunes cherchent à reconnecter avec ces rythmes. Ils veulent comprendre ce qu’ils racontent. Ce qu’ils disent sur notre manière de vivre. De ressentir. D’avancer.

Et Rabi' Al-Thani, dans tout ça, fait figure de mois refuge. Moins de bruit. Plus de sens.

Ce qu’on peut en retenir ? Rien à prouver

Rabi' Al-Thani n’a pas besoin de fanfare. Il n’a pas besoin qu’on l’annonce avec tambour et trompette.

Il existe. En retrait. Mais présent. Il offre une respiration dans l’année, une sorte de couloir calme où chacun peut, s’il le veut, déposer un peu de soi. Un mot, une prière, une intention.

C’est peut-être ça, sa plus grande force : il n’impose rien. Il propose. Comme une main tendue qu’on peut choisir de serrer ou non.

Mais quand on la saisit… on comprend. Que dans cette discrétion, il y a beaucoup de lumière. Et que parfois, c’est dans les mois les plus silencieux que se glissent les plus belles guérisons.

FAQ

Qu’est-ce que Rabi al-Thani en arabe ?

Rabiʿ al-Thani (ربيع الآخر ou ربيع الثاني) signifie littéralement « le deuxième printemps ». C’est le quatrième mois du calendrier hégirien, ce calendrier lunaire utilisé dans tout le monde musulman. Un mois aux racines anciennes, lié aux saisons du désert, quand les pâturages reverdaient et que la terre soufflait un peu. Son nom garde cette mémoire d’un temps où tout se jouait avec le ciel, la pluie et la poussière chaude.

Que signifie Rabiʿ al-Awwal ?

Rabiʿ al-Awwal (ربيع الأول) signifie « le premier printemps ». C’est le mois précédent Rabiʿ al-Thani, et l’un des plus marquants dans la tradition musulmane, car c’est celui qui a vu naître le Prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui). Au-delà de sa traduction littérale, c’est un mois chargé d’émotion, de lumière, et de commémorations, notamment chez ceux qui suivent les voies spirituelles soufies. On le ressent comme un moment de grâce douce dans l’année lunaire.

Que s’est-il passé au mois de Rabi al-Thani ?

Rabiʿ al-Thani n’est pas associé à un événement unique, comme peut l’être Ramadan ou l’Aïd. Mais il est marqué par la mort d'Abdul Qadir al-Jilani, maître soufi respecté et fondateur de la Qadiriyya, l’une des plus anciennes confréries mystiques de l’islam. Dans plusieurs régions du monde, ce mois devient alors un temps de recueillement, de dhikr, de prières et d’hommages. Un mois discret, mais que beaucoup vivent comme une période de connexion intérieure, sans obligations ni faste.

Pourquoi Rabi al-Akhir est-il important ?

Rabiʿ al-Akhir (autre nom pour Rabiʿ al-Thani) n’est pas important par ses événements visibles. Il est important par ce qu’il offre intérieurement. Pas de grandes fêtes, pas de jeûnes imposés, mais un espace pour se recentrer, prier en silence, méditer en paix, s’aligner doucement. C’est un mois souvent choisi pour des retraites spirituelles, pour écrire, pour renouer avec une habitude oubliée. Il n’a rien à prouver, mais tout à donner à ceux qui savent l’écouter.

Quel mois succède à Rabi' Al-Thani ?

Le mois qui succède à Rabiʿ al-Thani s’appelle Jumada al-Awwal (جمادى الأولى). C’est le cinquième mois du calendrier hégirien.

Son nom évoque un temps plus dur : "jumādā" vient d’une racine qui évoque la sécheresse ou la terre figée. À l’époque préislamique, c’était la saison où l’eau devenait rare, où la terre ne donnait plus rien. Un contraste fort avec les deux mois "printemps" qui le précèdent.

À propos de Salima Bachar

Salima Bachar est autrice pour La Maison des Sultans. Elle écrit avec la mémoire du sable, la douceur des rituels anciens et la richesse des secrets glissés entre les fêtes lumineuses et les rêves qui veillent. Beauté, bien-être, maison, voyages… Ses textes célèbrent les gestes discrets, les traditions vivantes et les symboles qui traversent le temps. Entre matières naturelles et récits sensibles, sa plume relie l’intime à l’universel, avec une voix sensorielle et profonde.

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Salima répond toujours : contact@lamaisondessultans.com

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