
Rabi' Al-Awwal 2025 : date et origine
par Salima Bachar
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Le mois de Rabi' Al-Awwal en 2025 est un moment de grande importance pour les musulmans du monde entier. C’est un mois chargé de spiritualité et de significations religieuses profondes. Mais quand commence-t-il exactement cette année ? Quelle est son importance dans le calendrier islamique ? Explorons ensemble les spécificités de ce mois béni, en découvrant aussi ce qui le précède et ce qui le suit.
1447: quand commence Rabi' Al-Awwal 2025 ?
Le mois de Rabi' al-Awwal 1447 commencerait le dimanche 24 août 2025, selon les calculs basés sur l'observation de la lune (date à confirmer).
Rabi' Al-Awwal, le troisième mois de l’année lunaire hégirienne, signifie "le premier printemps" en arabe.
Ce mois est particulièrement célèbre pour commémorer la naissance du Prophète Muhammad, un événement connu sous le nom de Mawlid al-Nabi.
Cette célébration se déroule traditionnellement le 12e jour de Rabi' Al-Awwal, bien que certaines communautés la célèbrent à d'autres dates.
De plus, selon certains traditionnistes, Rabi' Al-Awwal marque également le départ en exil du Prophète et des premiers musulmans de La Mecque vers Médine, un événement important dans l’histoire de l’Islam.
Conseil : marquer cette date dans votre agenda vous permettra de ne pas manquer cette occasion spéciale.
Le mois qui précède Rabi' Al-Awwal : Safar
Juste avant Rabi' Al-Awwal, on trouve le mois de Safar. Safar est le deuxième mois du calendrier islamique.
Historiquement, ce mois était associé à des superstitions et des croyances selon lesquelles il apportait la malchance.
Ces croyances sont aujourd'hui largement réfutées dans l'Islam.
Safar est également un mois où plusieurs batailles importantes ont eu lieu dans l'histoire islamique.
Bien qu'il ne soit pas marqué par des célébrations religieuses spécifiques, il est important dans le contexte historique de l'Islam.
Conseil : profitez du mois de Safar pour étudier l'histoire islamique et en apprendre davantage sur les événements marquants de cette période.
Le mois qui suit Rabi' Al-Awwal : Rabi' Al-Thani
Après l’effervescence, le calme
On sort tout juste de Rabi’ Al-Awwal, le mois qui brille. Celui qui célèbre la naissance du Prophète. Celui qui rassemble, émeut, réchauffe les cœurs. Et puis arrive Rabi' Al-Thani. En silence. Sans tapage.
Mais attention. Ne vous fiez pas à son calme apparent. Ce mois-là, il ne dort pas. Il prépare. Il veille dans l’ombre.
C’est un peu comme l’arrière-cuisine d’un grand banquet. On n’y fait pas trop attention, mais sans elle… rien ne tiendrait.
Rabi’ Al-Thani, c’est quoi exactement ?
Dans le calendrier hégirien, c’est le quatrième mois. Il suit Rabi’ Al-Awwal comme la lune suit le soleil : doucement, mais sûrement.
Ce nom ? Il signifie littéralement la “seconde floraison” ou “le second printemps”. Poétique, non ?
Alors oui, à première vue, il n’est pas associé à une grande fête. Pas de jeûne obligatoire. Pas de rupture spectaculaire.
Mais ce serait une erreur de le balayer du revers du calendrier.
Parce qu’il y a des mois pour célébrer, et d’autres pour mûrir. Rabi’ Al-Thani, lui, il propose une transition douce. Une sorte de souffle. Une respiration spirituelle.
Un mois propice à l’introspection
Pas de bruit. Pas de foule. Et pourtant… tant de choses se passent à l’intérieur.
C’est un mois qui invite à ralentir. À écouter. À revenir à l’essentiel.
Comme une salle vide où l’écho de la foi sonne plus fort.
Et si ce n’était pas là, justement, le vrai trésor ?
Beaucoup de croyants en profitent pour reprendre des bonnes habitudes. Refaire de la place dans le cœur. Retrouver un rythme.
Les prières du Fajr qui redeviennent régulières. Les lectures du Coran qui reprennent vie, une page après l’autre. Pas à pas.
Une période chargée d’histoire
Ce mois, c’est aussi celui où Abd al-Qadir al-Jilani, une des grandes figures du soufisme, est retourné à son Seigneur.
Un homme de lumière. Un sage au verbe tranchant et au cœur immense.
Dans certaines régions du monde musulman, notamment dans les cercles soufis, on célèbre sa mémoire avec ferveur pendant ce mois.
On raconte ses paroles, ses actes. On médite ses enseignements.
Alors non, ce n’est pas un mois vide. Il est habité. Silencieusement, mais intensément.
Et dans la vie quotidienne ?
Rabi’ Al-Thani, c’est souvent le moment où l’on revient à soi. Où les grands évènements se sont tus, et où le quotidien reprend ses droits.
Mais avec un petit quelque chose de plus. Une trace de lumière laissée par le mois précédent.
C’est là qu’on choisit. Soit on retourne au pilotage automatique. Soit on garde l’élan. On enracine.
Et ça, ça se joue dans les détails. Un salam dit avec le cœur. Une aumône donnée sans attendre. Un pardon qu’on offre sans y être forcé.
Un mois pour ceux qui n’aiment pas le bruit
Certains mois crient. Celui-ci chuchote. Et parfois, le cœur comprend mieux les murmures que les cris.
Rabi’ Al-Thani, c’est comme un carnet aux pages blanches. Il ne vous impose rien. Mais il vous tend la plume.
FAQ
Rabi' Al-Awwal, c’est quand exactement ?
Bonne question. Et elle revient chaque année. Pas de date fixe dans le calendrier grégorien, parce que Rabi’ Al-Awwal suit le calendrier lunaire islamique. Un mois qui arrive quand la Lune le décide, ou plutôt, quand les calculs astronomiques et les observations du croissant lunaire le confirment.
En 2025, par exemple, Rabi' Al-Awwal commencera autour du 1er septembre 2025, mais ça peut légèrement varier selon les pays, les traditions, les écoles. On peut avoir une différence d’un jour, parfois deux. Un peu comme ces trains qu’on attend et qui n’arrivent jamais pile à l’heure, mais dont l’arrivée est toujours synonyme de quelque chose de fort.
Quelle est l’origine du mois de Rabi' Al-Awwal ?
Littéralement, « Rabi’ Al-Awwal » signifie le premier printemps. Oui, même si parfois il tombe en automne ou en hiver. Parce qu’au départ, quand le calendrier islamique n’était pas encore entièrement lunaire, les mois suivaient aussi les saisons. Ce nom est resté. Un vestige poétique d’un calendrier qui avait le goût du sable chaud et des dattes fraîches.
Mais l’origine spirituelle, celle qui fait vibrer des millions de cœurs chaque année, c’est autre chose.
C’est le mois de naissance du Prophète Muhammad ﷺ. Pas juste une date historique, non. Un point de bascule. Un événement qui a bouleversé des existences, traversé les siècles, et qui continue d’être célébré, médité, aimé. D’ailleurs, pour beaucoup, Rabi’ Al-Awwal est le mois de la lumière. Une lumière douce, pas écrasante. Celle qui réchauffe sans brûler. Une lumière intérieure.
Pourquoi ce mois est-il si spécial ?
Parce qu’il raconte une naissance qui n’est pas juste une naissance. Il raconte le début d’une mission, d’une prophétie, d’un message destiné à l’humanité toute entière.
C’est aussi le mois où, selon plusieurs récits, le Prophète serait décédé. Oui, dans le même mois. Il y a donc à la fois de la joie intense et une profonde nostalgie. Comme un anniversaire qu’on fête en silence, avec une larme au coin de l’œil.
On célèbre. On se souvient. On raconte. On médite. On récite des poèmes, on chante des chants d’amour pour le Prophète, on prépare du thé à la menthe, on fait tourner les souvenirs dans la bouche comme un bonbon au miel. On se reconnecte.
Est-ce que toutes les communautés le célèbrent de la même manière ?
Non. Et c’est là que ça devient intéressant.
Dans certains pays, le 12 Rabi’ Al-Awwal, date traditionnellement retenue comme jour de naissance du Prophète ﷺ, est une vraie fête. On le célèbre dans les rues, les mosquées sont décorées, les voix chantent, les repas s’organisent, les gâteaux débordent de sucre et de gratitude.
Mais ailleurs, dans certaines branches plus littéralistes, on ne marque pas particulièrement cette date. Pas par désamour. Plutôt par rigueur, par prudence. Parce que certains considèrent que seul ce que le Prophète a recommandé lui-même doit être célébré.
Alors oui, il y a des divergences. Des approches différentes. Mais dans le fond, une chose rassemble : l’amour profond du Prophète. Qu’on le manifeste en chantant, en priant, en marchant dans la nuit, ou en gardant le silence, l’intention est là. Et c’est elle qui compte, non ?
Est-ce que le Mawlid a toujours existé ?
Non, le Mawlid, c’est-à-dire la célébration de la naissance du Prophète, n’a pas été fêté au temps des compagnons. Ce n’est que quelques siècles plus tard, notamment en Égypte fatimide, qu'on commence à organiser des grandes fêtes populaires, avec lectures, poèmes, festins et bougies.
Ce n’était pas une obligation. Juste un élan du cœur. Une façon d’exprimer l’amour, de transmettre, de se rappeler. Parce que parfois, quand le quotidien nous engloutit, on a besoin de ces pauses, de ces rappels, de ces moments suspendus.
Et puis, avec le temps, le Mawlid est devenu une tradition vivante, mouvante, parfois controversée mais toujours ressentie. Comme une vieille chanson qu’on connaît tous, mais qu’on chante chacun à sa manière.
Quelles pratiques sont associées à Rabi’ Al-Awwal ?
Tout dépend d’où l’on est, de ce qu’on a reçu, de ce qui nous touche.
Il y a ceux qui lisent la Sira – la biographie du Prophète – avec les enfants. Ceux qui allument une bougie, doucement, comme pour dire « merci ». Ceux qui jeûnent, prient plus, offrent un repas. Ceux qui récitent des qasidas – des poèmes soufis qui parlent d’amour divin et de louange.
Et puis il y a ceux qui font plus discret. Qui vivent Rabi’ Al-Awwal comme un retour à l’intérieur. Un mois pour réparer ce qui a été cassé. Pour refaire la paix avec soi-même. Avec Dieu. Avec les autres.
Pas de règle universelle, mais une boussole intérieure. Suivre ce qui élève. Ce qui apaise. Ce qui rend plus doux.
Pourquoi l’amour du Prophète est si fort en ce mois ?
Parce qu’on se reconnecte à son humanité. À son sourire. À sa patience. À sa tendresse. Ce n’est plus juste un Prophète lointain, c’est quelqu’un dont on ressent la présence, l’écho. Comme si les récits prenaient chair, devenaient palpables.
Le mois de Rabi’ Al-Awwal, c’est aussi l’occasion de se dire : "Et si on essayait, un peu, de lui ressembler ?" Dans les mots. Dans les gestes. Dans le regard qu’on pose sur les autres.
Et franchement, dans un monde parfois dur comme de la pierre, avoir un modèle de miséricorde, ça fait du bien.
Pourquoi certains insistent pour ne pas célébrer le Mawlid ?
Par principe. Parce que le Prophète ne l’a pas fait. Parce que les compagnons ne l’ont pas institué. Et que dans certaines lectures, tout ce qui n’a pas été pratiqué par eux est à éviter. Pour ne pas risquer l’innovation, ce qu’on appelle la bid'a.
Mais attention. Même ceux qui ne célèbrent pas le Mawlid n’interdisent pas d’aimer le Prophète. Ils peuvent passer le mois à parler de lui, à suivre son exemple, à lire sur sa vie, sans pour autant faire de festivités.
Donc non, ce n’est pas une guerre. C’est une divergence d’approche, parfois vive, certes, mais qui part souvent d’un même désir de sincérité.
Quelle est la place de la poésie dans Rabi’ Al-Awwal ?
Centrale. Et on ne parle pas de poésie creuse. On parle de ces qasidas qui traversent les âges, écrites avec des larmes et des frissons. Comme la célèbre Qasida al-Burda, récitée dans le monde entier, avec ferveur, avec amour, comme on récite une prière.
La poésie, dans Rabi’ Al-Awwal, c’est une langue du cœur. Elle permet d’exprimer ce que les mots simples n’osent pas. Elle relie les gens. Elle touche sans expliquer. Et dans certaines traditions, le mois tout entier devient chant, murmure, mélodie d’amour sacré.
Ce mois a-t-il un lien avec la paix intérieure ?
Évidemment. Parce qu’il oblige à ralentir. À se rappeler l’essentiel. À regarder autrement.
On ne court plus, on s’assoit. On n’écoute pas juste, on entend. On prend le temps de revisiter le sens de la Miséricorde. On se demande : "Qu’est-ce que je fais de mon lien à Dieu ? Et aux autres ?"
Rabi’ Al-Awwal, ce n’est pas juste un mois historique. C’est un miroir. Il renvoie à nos absences, à nos élans. Il demande : "Où est passée ta lumière ?"
Et ça, rien que ça, c’est déjà un petit miracle.
Quel mois précède à Rabi' Al-Awwal 2025 et que mois lui succède ?
En 2025, Safar précède Rabi' Al-Awwal, et Rabi' Al-Thani lui succède.
À propos de Salima Bachar
Salima Bachar est autrice pour La Maison des Sultans. Elle écrit avec la mémoire du sable, la douceur des rituels anciens et la richesse des secrets glissés entre les fêtes lumineuses et les rêves qui veillent. Beauté, bien-être, maison, voyages… Ses textes célèbrent les gestes discrets, les traditions vivantes et les symboles qui traversent le temps. Entre matières naturelles et récits sensibles, sa plume relie l’intime à l’universel, avec une voix sensorielle et profonde.
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