Que dire avant une opération en islam?
par Salima Bachar
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On a beau être fort.
Avant une opération, le cœur tremble.
La blouse est froide. Le couloir est long.
Et l’esprit cherche un appui.
En Islam, on a des mots pour ça.
Des mots simples, mais solides.
Pas pour remplacer les médecins.
Pour vous envelopper de foi et de paix.
👉 Ici, vous trouverez des invocations, des versets, et des repères clairs.
Avec des limites nettes. Et des sources vérifiables.
Avant de commencer : un repère simple
Ces pratiques sont des pistes spirituelles.
Elles ne sont pas des “obligations” médicales ou religieuses.
L’essentiel reste l’intention et la sincérité.
Et oui, vous pouvez prier en français.
Un mot vrai vaut mieux qu’un texte récité “vide”.
Ces invocations sont mentionnées dans les recueils authentiques de hadith, reconnus par les savants sunnites classiques.
Étape 1 : s’envelopper de protection spirituelle
Réciter Al-Fatiha
Al-Fatiha est une ouverture. Une demande de guidance.
Vous pouvez réciter doucement la sourate, une ou plusieurs fois.
Si vous ne la connaissez pas, dites simplement :
“Ya Allah, facilite et protège-moi.”
Réciter Ayat al-Kursi (Al-Baqara 2:255)
C’est un verset très récité pour la protection.
On l’appelle souvent une “muraille” invisible.
Référence : Coran 2:255.
Réciter les trois protectrices
Ce sont :
- Al-Ikhlas (112)
- Al-Falaq (113)
- An-Nas (114)
Le Prophète (sws) a enseigné l'effet purificateur des épreuves sur l'âme : « Aucun musulman ne sera affligé d’une maladie ou autre, sans qu’Allah n’efface, à cause de ce mal, ses péchés comme les feuilles qui tombent de l’arbre. » (Bukhari & Muslim). Une réminiscence que chaque épreuve traverse un but divin.
Elles sont souvent récitées pour se préserver du mal.
Étape 2 : formuler une demande de guérison
Clarifier son intention (niyyah)
Une intention simple suffit.
Par exemple :
“Je fais cela pour guérir et retrouver des forces.”
Dire “Bismillah”
"Bismillah" signifie : “Au nom d’Allah”.
Vous pouvez le dire avant l’anesthésie.
Ou juste avant de rentrer au bloc.
Une dou’a courte et universelle
Translittération : Allahumma inni as’aluka al-‘afiyah.
Traduction : Ô Allah, je Te demande la santé et la protection.
C’est simple. Et ça apaise.
Étape 3 : cultiver patience et gratitude
La patience (sabr)
La patience n’est pas “faire semblant”.
C’est tenir, même quand on a peur.
Un pas après l’autre.
Une formule de réconfort
Translittération : Allahumma’jurni fi musibati, wa akhlif li khayran منها.
Traduction : Ô Allah, récompense-moi dans cette épreuve et remplace-la par meilleur.
Hadith : l’épreuve comme purification
Le Prophète ﷺ a enseigné que la maladie peut effacer des péchés.
Référence (texte en anglais/arabe) :
L'attitude du croyant face à la maladie est scrutée par les cieux, comme l'a révélé le Prophète : « Quand un serviteur tombe malade, Dieu lui envoie deux anges... S’il loue Dieu, ils rapportent ceci à Dieu...
"Si mon serviteur meurt, Je me chargerai de l’introduire au Paradis. S’il s’en remet, je lui substituerai à une chair meilleure que la sienne et lui pardonnerai ses péchés." » (Malik & Abu ad-Dunya).
Une motivation pour maintenir la foi et la positivité
Étape 4 : chercher la sérénité intérieure
Prier (salat) si c’est possible
Deux unités, si vous pouvez.
Ou même une prière assise.
L’objectif : se poser.
Méditer sur des Noms d’Allah
Quelques Noms souvent réconfortants :
- Ar-Rahman (Le Tout Miséricordieux)
- Al-Latif (Le Subtil, Le Bienveillant)
- Ash-Shafi (Le Guérisseur)
Dites-les lentement. Comme une respiration.
Les formulations peuvent varier selon les écoles juridiques et les traditions culturelles. L’essentiel reste la sincérité.
Étape 5 : après l’opération, exprimer sa gratitude
Gratitude envers Allah
Un simple Alhamdulillah peut suffire.
Parfois, ce mot remet tout en place.
Gratitude envers l’équipe médicale
Remercier l’équipe, c’est aussi une forme de gratitude.
La foi n’annule pas la reconnaissance humaine.
Que dire à quelqu’un qui va se faire opérer ?
Une phrase très courte
“La hawla wa la quwwata illa billah.”
Traduction : Il n’y a de force ni de puissance qu’en Allah.
C’est une épreuve, n’est-ce pas ? Mais chaque épreuve a sa lumière. En Islam, les mots ont une force, presque magique. Si quelqu’un que vous aimez va se faire opérer, commencez par une invocation apaisante.
Ces mots rappellent que la force appartient à Allah. C’est un peu comme offrir un parapluie sous une pluie battante. Vous montrez votre soutien, tout en invoquant Sa protection.
Une phrase simple, en français
“Qu’Allah te guérisse et te protège.”
Ça suffit souvent. C’est doux. C’est direct.
Simple et sincère, c’est comme poser une main rassurante sur une épaule. Cela crée un lien entre votre intention et le divin.
Les références citées proviennent des recueils considérés authentiques par la majorité des écoles sunnites.
Qu’est-ce qu’on peut réciter au moment de l’anesthésie ?
Le choix des mots compte ici, un peu comme choisir une étoffe douce pour couvrir une blessure. Vous pourriez dire :
« Allahouma achfi maradhana wa maradha al-muslimin. »
C’est une belle prière, collective et enveloppante, qui demande la guérison pour tous. Une autre expression pleine de tendresse :
« Chifa’an la youghadiru saqama. »
Elle signifie une guérison complète, sans trace de maladie. Ces mots, simples mais puissants, sont comme des pétales posés sur un cœur fragile.
Pour quelque chose de plus court, il y a aussi :
« Rabbanâ afrig ‘alaynâ sabran wa thabbit aqdamana. »
C’est une prière pour le courage et la patience. C’est l’équivalent spirituel d’un « Tiens bon, tu y arriveras ! ».
Mettre sa confiance en Allah (tawakkul)
Tawakkaltu ‘ala Allah.
Traduction : Je place ma confiance en Allah.
Quand la peur bloque les mots
Le silence n’est pas un échec.
Respirez. Regardez un point fixe.
Et dites juste :
“Ya Allah, sois avec moi.”
Comment dire avant une opération ?
Ah, ce moment où le cœur se serre, n’est-ce pas ? Avant une opération, on peut offrir des mots de sérénité et de foi. Une phrase belle et pleine d’espoir serait :
« Tawakkaltou ‘ala Allah. »
Cela signifie « Je mets ma confiance en Allah. » Une phrase comme un fil invisible qui relie la peur à l’espoir.
Vous pouvez aussi réciter :
« Allahouma inni astakhlikouka nafsi. »
Une formule spirituelle qui confie la personne à la protection divine. Ce n’est pas juste des mots, c’est une déclaration de foi, un bouclier invisible.
Et n’oubliez pas, un sourire ou un geste doux peuvent autant apaiser que mille prières. Finalement, les intentions comptent toujours plus que les mots.
FAQ
Faut-il forcément réciter en arabe ?
Non.
L’arabe est beau, mais le cœur compte.
Le français sincère est parfaitement acceptable.
Peut-on faire ses ablutions avant ?
Oui, si possible.
Sinon, ne culpabilisez pas.
L’intention et la situation priment.
Peut-on demander à d’autres de faire des dou’as ?
Oui.
Demander une dou’a, c’est un lien.
Un soutien discret, mais puissant.
Est-ce qu’il y a des invocations précises avant une opération ?
Oui, il y en a. Et elles ne sont pas là pour "faire joli" ou cocher une case. Ce sont des phrases simples, mais chargées. Des paroles qui calment le cœur, qui redonnent du souffle quand on a le ventre noué, la blouse trop large, le néon trop blanc au-dessus de la tête.
Parmi les plus récitées : "Tawakkaltu ‘ala Allah, la hawla wa la quwwata illa billah"
Ce qui signifie : Je place ma confiance en Allah, il n’y a de force ni de puissance qu’en Lui.
Pas besoin de hurler. Pas besoin de savoir lire l’arabe. Il suffit de le dire avec conviction. Dans un souffle. Dans un battement de cœur. Et parfois, juste ça, ça suffit à apaiser le tremblement intérieur.
Pourquoi cette invocation-là, précisément ?
Parce qu’elle remet les choses dans l’ordre. Vous n’êtes pas seul. Même face à la lame. Même face à l’endormissement. Même face à l’inconnu. Il y a Quelqu’un au-dessus de tout, même des médecins, même des machines.
Et puis cette phrase, elle a une puissance qu’on ne soupçonne pas. Ce n’est pas juste du "positif". C’est un acte de foi. Un vrai. On remet notre corps à quelqu’un d’autre, à une équipe, mais notre âme, elle, reste entre les mains de Celui qui l’a créée.
Peut-on réciter d’autres formules ?
Bien sûr. Ce n’est pas une formule unique, ni figée. Il y a des dou‘as (invocations) qu’on peut dire selon ce qu’on ressent, selon le moment.
Par exemple :
-
"Bismillah" (Au nom de Dieu) : simple, court, mais fort. On peut le dire juste avant l’anesthésie, ou même en montant sur le brancard.
"Allahumma inni as’aluka ‘afiyah" (Ô Allah, je Te demande la guérison/la santé). C’est doux. C’est intime. C’est une demande pleine de vulnérabilité.
"Hasbiyallahu la ilaha illa houwa" (Allah me suffit, il n’y a de divinité que Lui). Quand on est dépassé, quand tout va trop vite, cette phrase, c’est comme s’accrocher à une corde invisible.
Il n’y a pas de règles trop strictes ici. Il y a juste le cœur qui parle. Et ça, en Islam, ça compte beaucoup.
Peut-on réciter des versets du Coran avant l’opération ?
Oui, absolument. Et certains versets sont connus pour leur pouvoir apaisant, presque comme une caresse sur l’âme.
Le plus récité ? Ayat al-Kursi (verset 255 de la sourate Al-Baqara). C’est une perle. Une muraille invisible. Ce verset parle d’Allah, de Sa puissance, de Son éternité, de Sa protection. Le réciter, c’est comme entrer dans une bulle. Une bulle de confiance.
On peut aussi réciter les trois dernières sourates du Coran : Al-Ikhlas, Al-Falaq, An-Nas. Certaines personnes les murmurent en boucle, comme un fil qui relie à Dieu pendant que tout le reste se floute autour.
Et si on ne sait pas réciter ? Si on a juste entendu quelques mots ? Ce n’est pas grave. Même un mot sincère a du poids. On peut les écouter, les lire en français, ou simplement dire : "Ya Allah, sois avec moi." Parfois, les phrases les plus courtes sont les plus vraies.
Et si on a trop peur pour dire quoi que ce soit ?
Alors on reste en silence. Mais le cœur, lui, peut parler. L’Islam, ce n’est pas un concours de récitation. C’est une histoire entre vous et Dieu. Si vous avez peur, si vous tremblez, si vous ne trouvez pas vos mots… ce n’est pas grave. Regardez le plafond, respirez, et laissez votre âme faire le travail. Elle sait prier, même quand la bouche se tait.
Et puis, ce n’est pas un échec d’avoir peur. Le Prophète ﷺ lui-même demandait à Dieu de l’épargner des épreuves trop dures. La peur, c’est humain. Ce qu’on en fait… c’est spirituel.
Peut-on écrire une prière, au cas où on ne se réveille pas ?
Oui. Et beaucoup de personnes le font. Pas par superstition, pas par drame. Mais pour être en paix. Laisser une trace. Une dernière confidence à Dieu, ou à ceux qu’on aime.
Certains écrivent une courte invocation. D’autres laissent un mot à leur famille. D’autres encore écrivent un simple "Je vous aime" suivi de "Inna lillah wa inna ilayhi raji‘oun" (Nous appartenons à Dieu et vers Lui nous retournons).
Ce n’est pas morbide. C’est doux. C’est digne. Et surtout : ça libère.
Est-ce que l’état spirituel joue sur l’issue de l’opération ?
On ne va pas faire semblant : le destin appartient à Dieu. On peut être pieux et subir une complication. On peut être loin de la religion et sortir indemne. Mais... l’état du cœur, lui, change tout.
Pas dans le résultat médical. Mais dans l’expérience intérieure. Un cœur rempli de tawakkul (confiance), c’est un cœur qui traverse le bloc opératoire comme un croyant traverse l’océan : parfois ballotté, mais jamais seul.
Et puis, soyons honnêtes : se préparer spirituellement, c’est une vraie force mentale. Les médecins eux-mêmes le disent. Les patients "calmes" guérissent parfois plus vite. Ils respirent mieux. Ils résistent mieux. Il y a un lien, quelque part, entre le calme du cœur et la solidité du corps.
Est-ce qu’on peut faire ses ablutions avant l’opération ?
Oui, si on en a la possibilité. Ce n’est pas obligatoire, mais c’est recommandé. Se purifier. Se recentrer. Poser ce petit geste, souvent automatique, comme une préparation sacrée. Comme si on se lavait avant une rencontre. Parce qu’en vérité, on ne sait jamais vraiment de quel côté on va se réveiller.
Et si l’état de santé ne permet pas l’ablution normale ? On peut faire le tayammum (ablution sèche, avec de la terre ou un support propre). Même dans une chambre d’hôpital. Même avec un bout de mur. L’intention suffit.
Peut-on demander à quelqu’un de faire des invocations pour nous ?
Oui. Et c’est même conseillé. Dire à quelqu’un : "Fais une dou‘a pour moi", ce n’est pas un aveu de faiblesse. C’est un lien. Un cri discret vers le ciel, porté par une autre voix que la vôtre.
Le Prophète ﷺ a dit que la prière d’un frère ou d’une sœur en votre absence est exaucée. Alors pourquoi s’en priver ? Parfois, savoir qu’un être aimé prononce notre nom dans sa prière, ça vaut tous les calmants du monde.
Sécurité : ce que la spiritualité ne remplace jamais
Les invocations accompagnent.
Elles ne remplacent pas les consignes médicales.
- Suivez les instructions de l’équipe chirurgicale.
- Ne retardez jamais une prise en charge.
- Si urgence : appelez les soins, immédiatement.
Et si vous jeûnez, ou prenez des plantes :
Informez l’équipe. Sans gêne. C’est important.
Sources (liens)
- Hadith sur l’épreuve et l’effacement des péchés : Sahih al-Bukhari 5641
- Hadith (Muwatta Malik) sur la visite des anges au malade : Muwatta Malik 50:5
- Vertus rapportées autour de Ayat al-Kursi (explication sourcée) : IslamQA – virtues of Ayat al-Kursi
- Al-Azhar (fatwa sur maladie et invocations)
- European Council for Fatwa
Note de l’autrice
Salima Bachar, rédactrice bien-être et culture religieuse.
Méthode : citations vérifiées, références indiquées, ton accessible.
Méthodologie : citations vérifiées sur sunnah.com et ouvrages classiques, translittération standardisée, traductions adaptées au sens majoritaire.
Ce contenu n’est pas une fatwa, ni un avis médical.
Publication et mise à jour
- Date de publication : 13 Octobre 2025
- Dernière mise à jour : 25 février 2026
Disclaimer
Ce contenu est informatif.
Il ne remplace pas un avis médical.
En cas de doute, de douleur inhabituelle, ou de complication : consultez.
La spiritualité accompagne le soin, elle ne le remplace pas
À propos de Salima Bachar
Salima Bachar est autrice pour La Maison des Sultans. Elle écrit avec la mémoire du sable, la douceur des rituels anciens et la richesse des secrets glissés entre les fêtes lumineuses et les rêves qui veillent. Beauté, bien-être, maison, voyages… Ses textes célèbrent les gestes discrets, les traditions vivantes et les symboles qui traversent le temps. Entre matières naturelles et récits sensibles, sa plume relie l’intime à l’universel, avec une voix sensorielle et profonde.
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